Le géant chinois devait accéder à quelque 100 000 puces d’IA installées en Asie du Sud-Est. Selon le Financial Times, les pressions américaines auraient fait échouer l’accord avec Oracle, tandis que les autorités chinoises invitaient Tencent à privilégier les fabricants locaux.

Le cloud n’aura pas permis à Tencent d’échapper à la rivalité entre Washington et Pékin. D’après les informations publiées ce 4 novembre par le Financial Times et reprises par Reuters, Oracle aurait abandonné un contrat de location de puces estimé à 7 milliards de dollars après des interventions de l’administration Trump.
Louer la puissance de calcul sans importer les puces
L’accord prévoyait cinq ans de location dans plusieurs centres de données d’Oracle en Asie du Sud-Est. Il aurait donné à Tencent l’accès à environ 100 000 processeurs d’IA de pointe et constituait, selon le quotidien britannique, son plus important engagement de ce type à l’étranger.
Le principe était de laisser les serveurs chez Oracle et de les utiliser à distance pour les travaux d’IA de Tencent. Le groupe aurait ainsi pu exploiter des puces indisponibles en Chine en raison des restrictions américaines et chinoises, sans les faire entrer sur son territoire.
Des pressions des deux côtés
Des responsables américains auraient contacté Oracle pour lui faire part de leurs inquiétudes sur cet accord. Le groupe aurait ensuite renoncé au contrat, selon les personnes proches du dossier citées par le FT.
Tencent aurait également reçu la visite de hauts responsables du Guangdong, la province où il est implanté. Leur demande était de soutenir les fabricants chinois de puces. L’entreprise devait donc composer avec un Washington soucieux de limiter son accès aux technologies américaines et des autorités chinoises désireuses de favoriser leur propre industrie.
Si cette annulation de contrat se confirme, Tencent devra trouver une autre façon d’obtenir la puissance de calcul IA recherchée. L’épisode montre aussi les limites du cloud : même lorsque les serveurs sont hébergés en Asie du Sud-Est, leur accès reste exposé aux pressions de Washington.
Sources : Financial Times et Reuters